L'isolation extérieure selon le type de maison - dossier rénovation

La structure est ce qui change le plus un projet d’isolation thermique extérieure, et c’est ce qui influe le plus sur le choix des panneaux isolants et de l’enduit de finition à mettre en oeuvre. C’est donc le point de départ de tout projet.

Isoler sa maison c’est avant tout pour le confort et pour baisser sa consommation énergétique, avoir moins de dépenses et investir dans un projet rentable. C’est le but de l’isolation extérieure, mais ce n’est possible que si le projet est bien défini. Et la base c’est de se poser la question suivante : quel est le produit ou le système adapté à sa maison ? Il ne faut pas se demander quel est le meilleur isolant car il n’y en a pas. Il n’y a que des produits adaptés ou non à sa maison. Et éviter cette question peut avoir de lourdes conséquences. La plus fréquente est l’apparition d’humidité alors que le but était à l’inverse de l’éliminer, et la plus grave est les désordres mécaniques c’est à dire l’instabilité du système mis en place.

S’adapter est la meilleure solution si l’on veut assurer l’efficacité énergétique, la durabilité, la bonne ventilation, la bonne régulation hygrométrique, et le confort attendus. Comment isoler ses murs par l’extérieur…

Le type de maison le plus souvent isolé par l'extérieur est...

…sans grande surprise, la maison la plus énergivore, qui est généralement des années 70 quand il n’y avait pas de réglementation thermique, et avec aucun isolant à l’intérieur des murs. La composition du mur traditionnellement en brique le rend fin et très sensible au froid extérieur. Ce sont des maisons simples à rénover car elles ne sont pas architecturalement complexes et la brique rend possible la pose de tous types d’isolants. C’est donc le polystyrène qui est la plupart du temps utilisé, pour sa simplicité et son faible coût.

Ce n’est pas simplement pour la facilité que ces maisons sont très souvent isolées par l’extérieur, mais aussi pour la rentabilité du projet. En quelque semaines la batisse passe de 0 à plus de 15 cm d’isolant, tout en rénovant la façade. C’est donc un gain de confort considérable, une source d’économies, et un moyen de valoriser le bien. Tout pour faire un projet rentable sur le moyen terme.

La maison phenix et l'isolation extérieure

La maison phenix a la particularité d’avoir des murs composés d’acier et de béton. Deux matériaux qui sont en contact avec les chocs thermiques et le froid extérieur, et qui ont tendance à se dilater plus ou moins ce qui peut provoquer l’apparition de fissures au droit des joints de plaques de béton.
L’effet protection des murs avec l’ITE est encore plus important en maison phenix.

Ces maisons présentent un inconvénient lors de la pose d’une isolation extérieure, c’est le fait que ces plaques de béton ne peuvent pas être chevillées. Un chevillage provoquerait l’affaiblissement du béton et l’éclatement ponctuel à chaque point de chevillage. C’est donc un travail préparatoire qui doit être réalisé pour enlever toutes les couches d’enduit et de peinture et rendre les plaques de béton sans aucun revêtement. L’isolant sera ainsi collé en plein tel du carrelage.

Et le seul isolant utilisable est le polystyrène expansé, car lui seul peut être collé sans être chevillé. Sa composition à base de billes de polystyrène et d’air en fait le produit le plus léger.

Les maisons à ossature bois

Dans le cas d’une rénovation d’une maison ossature bois (MOB) l’isolation extérieure nécessite parfois des travaux lourds de préparation. Le revêtement en place et même les panneaux extérieurs doivent parfois être déposés.

  • Le revêtement sera décapé mécaniquement s’il n’est pas respirant, donc s’il bloque la vapeur d’eau. Cela pourrait engendrer de l’humidité entre les panneaux de bois et le revêtement, et dégrader ces panneaux.
  • Les panneaux devront être déposés si leur état et leur nature ne leur permettent pas d’être recouverts. Car les règles sont strictes pour la fixation de l’isolant, elle doit se faire sur certains panneaux de bois et avec des épaisseurs définies dans les avis techniques.

Après cette analyse et les travaux de préparation adéquats effectués, la pose de l’isolation thermique par l’extérieur peut être réalisée, et cela dans les mêmes conditions que pour une maison traditionnelle : collé et chevillé. Mais avec des chevilles adaptées au support, car les panneaux de bois seront le support pour mettre ces chevilles et faire tenir l’isolant.

La maison en pierre et l'ITE

La pierre est un matériau respirant qui laisse passer la vapeur d’eau vers l’extérieur et qui régule naturellement le taux d’humidité d’une maison. Il serait trop risqué de mettre en place un isolant extérieur qui bloquerait la vapeur d’eau. Cela aurait pour conséquence de créer de la condensation entre le mur et l’isolant.

La pierre nécessite une isolation thermique en laine de roche, qui est le matériau pour isolation extérieure ayant le plus faible coefficient de résistance à la vapeur d’eau.

Coefficients de résistance à la vapeur d’eau des principaux isolants :

  • laine de roche = 1
  • fibre de bois = 5
  • béton cellulaire = 8
  • polystyrène expansé = 60

Pour être sain, un mur doit être de plus en plus respirant de l’intérieur vers l’extérieur. D’où l’importance de bien choisir sont isolant et le type de ravalement.

Comment rénover une maison déjà isolée ?

La rénovation d’une ITE est tout aussi réglementée que dans le neuf ou dans le cas de l’isolation d’un mur non isolé. Car les désordres présents en façades et leur analyse mènent à la solution la plus adaptée.
Et ce sont justement ces désordres qui sont listés dans les règles ETICS et qui imposent un type de réparation précis :

  • Type I : Simples défauts d’aspect.
  • Type II : Encrassement, faïençage de la finition n’intéressant pas la couche de base.
  • Type III : Encrassement, faïençage, microfissuration de la finition, et éventuellement de la couche de base, fissuration localisée sauf aux joints de plaques sans rupture de l’armature.
  • Type IV : Encrassement, microfissuration ou fissuration, non généralisée, au droit de joints de plaques, sans décollement de la finition ni rupture de l’armature.
  • Type V : Isolant solidaire du support mais cloquages et/ou décollements ponctuels de l’enduit mince, fissuration généralisée, avec ruptures possibles de l’armature.
  • Type VI : Isolant désolidarisé du support partiellement ou totalement.
  • Type VII : Surisolation d’un ETICS ne présentant que des défauts de type I à IV VII.

Et à chaque type de pathologie un type de travaux est imposé. Cela va de la simple peinture jusqu’à la dépose totale de l’isolation extérieure.